Mariko-chan était totalement adorable et autant que Jun-chan ne me quittait des yeux, autant j'avais du mal à regarder ailleurs, étant toujours attirée par son visage délicat et aux angles parfaits. Et pourtant les yeux de Jun-chan étaient des puits dans lesquels je voulais presque me noyer.
Mariko-chan s'installa dans une grâce nonchalente dans le pouf rouge en face du fauteuil tandis que Jun-chan s'assayait à même le sol couvert de tatamis, bien en face de nous pour fermer le cercle.
Kamenashi - que je me pratiquais mentalement à appeler Kame-chan - se faufila vers la cuisine nous laissant un long moment silencieux dans le vide. Je leur sourit poliement, me mordillai la lèvre inférieure et reportai mon regard sur l'émission qui passait à la télé. Mon sauveur était si adorable au naturel dans son élément.
Alors c'était vrai, il était ... un petit soupir s'échappa de ma gorge et je plaquai mes mains sur ma bouche. Trop tard cependant, les deux l'autre l'avaient entendu.
Un flou s'empara du visage doré par la lumière ambiante du platea du télévision et nous vimes Kame-chan à moitié nu (pour mon plus grand bonheur), une serviette autour du cou, pendant sur son trose ruisselant d'une sueur légère. Il tenait un microphone et bientôt d'autres garçons envahirent ce qui semblait être une scène de salle de spéctacle immense. Il sourit - visiblement touché par les cris des fans dans la salle - dit quelque chose et un autre garçons vint lui répondre. Il était de la même grandeur, la machoire plus ronde et il portait un banda noir. Il était beaucoup plus habillé aussi.
Je ne pouvais m'empêcher de sourire, complètement émerveillée, quand Kame-chan revint avec un plateau dans les mains. Une authentique théière en céramique et quatre petites tasses rondes qui formaient une famille de hiboux dans lesquelles il versa le thé.
Il me tendit la première tasse et j'hésitai soudain. J'étais une véritable "sugar junkie" et voilà que pour ne pas blesser mon hôte, et surtout pour ne me montrer fine bouche, ingrate, j'hésitais et j'étais incertaine à boire ce thé naturel. Pendant qu'il remplissait les coupes de ses autres invités improvisés, je serrais ma tasse entre mes paumes et sa chaleur radiante me fit penser à la chaleur de la main de Kame-chan. Un petit sourire flotta sur mes lèvres : j'étais à nouveau irrédiablement perdue dans ma bulle souvenir.
Mariko-chan regarda timidement dans ma direction et interrogea Kame-chan du regard. Jun-chan prit une première gorgée du thé et me décortiquait du regard. Je pris une gorgée du bout des lèvres - me concentrant pour ne pas faire de grimace.
Le thé, à vrai dire, avait une saveur harmonieuse qui mélangeait subtilement le parfum sucré de la mangue (ô miracle des hasards) aux goûts plus prononcés et présents des herbes naturelles qui constituaient la base et le corps du thé. Je pris une seconde gorgée, plus sûre de mon coup et plus confiante. Le goût discret de la mangue se confirma et je sentis soudain le regarde de mon hôte sur moi.
(Caché dans le goût prononcé des herbes du thé brulânt, la douceur timide de la mangue reflète nos sentiments endormis)
Jun-chan posa la première question en me désignant du regard et du menton.
"Kanojo dare iru ?" (qui est elle)
Je serrai mon petit hibou orphelin dans mes mains.
Qui étais-je sinon une "ronin gaiji" - une samourai sans shogun et sans patrie, sans arme et sans métier. Je me perdis dans la contemplation de ma tasse de thé et soudain je sentis mon coeur se troubler. Je sentis des larmes brûlantes me piquer les yeux mais je battis des paupières pour ne pas les laisser franchier les portails de mes yeux. Je pris une autre gorgée et laissai la chaleur bienfaisante couler en moi.
Kame-chan sourit - eut un bref éclat de rire et partit dans un discours, en y mettant force détails d'après les expressions variées dans ses mots, résumant longuement ma situation et notre rencontre.
Des questions fusèrent des deux bords et bientôt il se trouva dans l'impossibilité de leur répondre sans me demander la bonne réponse.
Mariko-chan lui demanda et il me traduisit :
" Pourquoi Tokyo ? "
- Je voulais ... je voulais juste m'enfuir d'une réalité opressante. Tokyo est comme un espoir tout neuf - pur parceque je n'en connais ni les failles ni les forces. "
Un silence médidatif leur tomba dessus et je réalisai le sens de mes propos. Je m'empressai de rajouter, plus joyeuse.
" Plus c'est différent, mieux c'est !"
Jun-chan prit la parole à son tour et Kame-chan reprit son rôle de traducteur.
" Qu'aurais-tu fait si tu n'aurais pas rencontré Kame-chan ?
- Dans l'avion, j'ai pensée à quelques incontournables. Voir la tour de Tokyo, le lever du soleil, le coucher, la ville qui rend vie la nuit et s'apaise le jour, je voulais aussi aller dans un temple pour prier et remercier les dieux. Je voulais aussi marcher et découvrir et peut-être retourner à Montréal, mais peut-être pas. "Hogy mi lesz a vége nem tudom, Meghalok egy züllött hajnalon" (1)
Ils me regardèrent tous de travers, Kame de manière adorable la tasse à mi chemin dans l'air entre sa paume gauche et sa bouche.
" C'est les paroles d'une chanson hongroise. "Pour ce qui en sera de la fin je ne le sais pas, je mourrais (lors) d'une aube de fête"
Kame-chan traduisit et médita sur les paroles, puis déposant sa tasse sur le plateau, il se rua vers mon sac et en sortit notre petit calepin et l'appareil photo. Il ouvrit sur le croquis que j'avais fait de lui et le montra à Mariko-chan et s'extasiait sur mon habileté. Je buvais mon thé et je songeais que ce n'était pas un énorme talent - j'étais incapable de reproduire la réalité et la créativité que je dessinais était limité aux visages et aux corps sans mains ou pieds.
Jun chan murmura quelque chose que Kamenashi me traduisit - une pointe de quelque chose dans la voix.
" Il a dit que tu as dessiné le ... feu de la vie dans mon regard.
- Arigatou!"
Puis ce fut au tour des photos de soulever les cris joyeux et enthousiaste de l'appréciation. Ce qui en contre partie, titilla la jalousie non cachée de Jun-chan qui commenta quelque chose que Kame se refusa à me traduire.
Mariko-chan murmura quelque chose que Kame-chan me traduisit avec un ton philosphe emplit de mystère et de tendresse.
"Tu ne seras jamais heureuse dans un monde convetionel"
Comme c'était vrai.
(1) paroles de 3+2 Eggyüttes "Kichiny falum" (mon petit village) http://www.zeneszoveg.hu/dalszoveg.phtml?szk=9960
image © http://fashiontribes.typepad.com/main/parties_and_entertaining/index.html
Mariko-chan s'installa dans une grâce nonchalente dans le pouf rouge en face du fauteuil tandis que Jun-chan s'assayait à même le sol couvert de tatamis, bien en face de nous pour fermer le cercle.
Kamenashi - que je me pratiquais mentalement à appeler Kame-chan - se faufila vers la cuisine nous laissant un long moment silencieux dans le vide. Je leur sourit poliement, me mordillai la lèvre inférieure et reportai mon regard sur l'émission qui passait à la télé. Mon sauveur était si adorable au naturel dans son élément.
Alors c'était vrai, il était ... un petit soupir s'échappa de ma gorge et je plaquai mes mains sur ma bouche. Trop tard cependant, les deux l'autre l'avaient entendu.
Un flou s'empara du visage doré par la lumière ambiante du platea du télévision et nous vimes Kame-chan à moitié nu (pour mon plus grand bonheur), une serviette autour du cou, pendant sur son trose ruisselant d'une sueur légère. Il tenait un microphone et bientôt d'autres garçons envahirent ce qui semblait être une scène de salle de spéctacle immense. Il sourit - visiblement touché par les cris des fans dans la salle - dit quelque chose et un autre garçons vint lui répondre. Il était de la même grandeur, la machoire plus ronde et il portait un banda noir. Il était beaucoup plus habillé aussi.
Je ne pouvais m'empêcher de sourire, complètement émerveillée, quand Kame-chan revint avec un plateau dans les mains. Une authentique théière en céramique et quatre petites tasses rondes qui formaient une famille de hiboux dans lesquelles il versa le thé.
Il me tendit la première tasse et j'hésitai soudain. J'étais une véritable "sugar junkie" et voilà que pour ne pas blesser mon hôte, et surtout pour ne me montrer fine bouche, ingrate, j'hésitais et j'étais incertaine à boire ce thé naturel. Pendant qu'il remplissait les coupes de ses autres invités improvisés, je serrais ma tasse entre mes paumes et sa chaleur radiante me fit penser à la chaleur de la main de Kame-chan. Un petit sourire flotta sur mes lèvres : j'étais à nouveau irrédiablement perdue dans ma bulle souvenir.
Mariko-chan regarda timidement dans ma direction et interrogea Kame-chan du regard. Jun-chan prit une première gorgée du thé et me décortiquait du regard. Je pris une gorgée du bout des lèvres - me concentrant pour ne pas faire de grimace.
Le thé, à vrai dire, avait une saveur harmonieuse qui mélangeait subtilement le parfum sucré de la mangue (ô miracle des hasards) aux goûts plus prononcés et présents des herbes naturelles qui constituaient la base et le corps du thé. Je pris une seconde gorgée, plus sûre de mon coup et plus confiante. Le goût discret de la mangue se confirma et je sentis soudain le regarde de mon hôte sur moi.
(Caché dans le goût prononcé des herbes du thé brulânt, la douceur timide de la mangue reflète nos sentiments endormis)
Jun-chan posa la première question en me désignant du regard et du menton.
"Kanojo dare iru ?" (qui est elle)
Je serrai mon petit hibou orphelin dans mes mains.
Qui étais-je sinon une "ronin gaiji" - une samourai sans shogun et sans patrie, sans arme et sans métier. Je me perdis dans la contemplation de ma tasse de thé et soudain je sentis mon coeur se troubler. Je sentis des larmes brûlantes me piquer les yeux mais je battis des paupières pour ne pas les laisser franchier les portails de mes yeux. Je pris une autre gorgée et laissai la chaleur bienfaisante couler en moi.
Kame-chan sourit - eut un bref éclat de rire et partit dans un discours, en y mettant force détails d'après les expressions variées dans ses mots, résumant longuement ma situation et notre rencontre.
Des questions fusèrent des deux bords et bientôt il se trouva dans l'impossibilité de leur répondre sans me demander la bonne réponse.
Mariko-chan lui demanda et il me traduisit :
" Pourquoi Tokyo ? "
- Je voulais ... je voulais juste m'enfuir d'une réalité opressante. Tokyo est comme un espoir tout neuf - pur parceque je n'en connais ni les failles ni les forces. "
Un silence médidatif leur tomba dessus et je réalisai le sens de mes propos. Je m'empressai de rajouter, plus joyeuse.
" Plus c'est différent, mieux c'est !"
Jun-chan prit la parole à son tour et Kame-chan reprit son rôle de traducteur.
" Qu'aurais-tu fait si tu n'aurais pas rencontré Kame-chan ?
- Dans l'avion, j'ai pensée à quelques incontournables. Voir la tour de Tokyo, le lever du soleil, le coucher, la ville qui rend vie la nuit et s'apaise le jour, je voulais aussi aller dans un temple pour prier et remercier les dieux. Je voulais aussi marcher et découvrir et peut-être retourner à Montréal, mais peut-être pas. "Hogy mi lesz a vége nem tudom, Meghalok egy züllött hajnalon" (1)
Ils me regardèrent tous de travers, Kame de manière adorable la tasse à mi chemin dans l'air entre sa paume gauche et sa bouche.
" C'est les paroles d'une chanson hongroise. "Pour ce qui en sera de la fin je ne le sais pas, je mourrais (lors) d'une aube de fête"
Kame-chan traduisit et médita sur les paroles, puis déposant sa tasse sur le plateau, il se rua vers mon sac et en sortit notre petit calepin et l'appareil photo. Il ouvrit sur le croquis que j'avais fait de lui et le montra à Mariko-chan et s'extasiait sur mon habileté. Je buvais mon thé et je songeais que ce n'était pas un énorme talent - j'étais incapable de reproduire la réalité et la créativité que je dessinais était limité aux visages et aux corps sans mains ou pieds.
Jun chan murmura quelque chose que Kamenashi me traduisit - une pointe de quelque chose dans la voix.
" Il a dit que tu as dessiné le ... feu de la vie dans mon regard.
- Arigatou!"
Puis ce fut au tour des photos de soulever les cris joyeux et enthousiaste de l'appréciation. Ce qui en contre partie, titilla la jalousie non cachée de Jun-chan qui commenta quelque chose que Kame se refusa à me traduire.
Mariko-chan murmura quelque chose que Kame-chan me traduisit avec un ton philosphe emplit de mystère et de tendresse.
"Tu ne seras jamais heureuse dans un monde convetionel"
Comme c'était vrai.
(1) paroles de 3+2 Eggyüttes "Kichiny falum" (mon petit village) http://www.zeneszoveg.hu/dalszoveg.phtml?szk=9960
image © http://fashiontribes.typepad.com/main/parties_and_entertaining/index.html
