Pourquoi avais-je réellement quittée ? Je voulais fuir, plus que toute autre raison.
Je regardai par la fenêtre et absorbai les rayons du soleil, littéralement comme le ferait une plante.
Je repensais à ma vie à Montréal ... réellement seul mes amis proches me manquaient, et aussi la bibliothèque centrale du centre-ville. Je revis leurs visages et entendis leurs voix dans ma tête. Leurs sourires, les plaisanteries, les mots typiques, des souvenirs comme des feux d'artifices éclataient et tombaient en des étincelles illuminées et scintillantes.
Quant à mes parents, aucun regret ne me vint submerger mon coeur, que dis-je, aucun regret ne vint même frôler mon esprit. Je ne m'étais jamais vraiment sentie appartenir à ces gens qui se prétendaient par droit de légitimité du sang, mes parents. Il y avait une barrière, ou plutôt un fossé, bien plus impressionnant que les dits liens du sang. De la même manière qu'une fracture brise la force pourtant résistante de l'os, de la même façon les paroles qu'ils avaient à maintes fois hurlés ou jetés à ma figure étaient trop fortes. Ils ont heurté mon âme de manière impardonnable. C'était les deux êtres les plus égoïstes et les plus hypocrites qu'il m'a été de connaître dans cette vie.
La plume de Rê était trop lourde dans la balance et celle ci tombe violement de son support ; ils ne méritent pas la clémence des dieux.
Ils avaient échoués de pleine consciente volonté, je n'avais donc pour eux plus aucun sentiment de pitié et de pardon. Depuis longtemps ils avaient même perdus le titre de "parents" pour celui plus vil et nettement moins prestigieux de "géniteurs".
De toute façon pour eux j'étais coupable et endettée depuis ma naissance ; les neuf mois dans le ventre de ma mère, le lait en poudre et l'eau qu'il fallait aller acheter en ville (parceque je refusais le sein et parce que l'eau du puits était contaminé par quelque chose de toxique et donc nous leur causions maints efforts et peines, ma soeur et moi) et bien sûr ces actions ne sont pas un devoir de leur par envers nous, mais bien une dette avec intérêt élevé (la vie at-elle un prix ?), puis il y avait les jolis vêtements, les jouets, la nourriture, les fournitures scolaires... après tout ils auraient bien pu nous abandonner ou ne rien nous donner. Ils m'ont tant et si bien répété leurs frustrations du passé que j'en étais venue à regretter sérieusement d'être venue au monde. Mon absence leur aurait coûté moins de soucis et d'efforts parentaux. Par contre, c'est amusant, quand nous écoutions des documentaires sur la vie des animaux à la télévision, ils ne cessaient de mettre l'accent sur les actions des parents envers leurs progénitures ; rien n'était impossible, tout était faisable et devait être fait pour le bonheur des enfants et leur bien être (et ce bien-être devait être vue ainsi : l'enfant est un pantin qui dit oui oui à tous les voeux et désirs de ses parents et ne pense pas tout seul, évite le monde extérieur comme la peste et ne fais confiance à personne sauf aux respectables et divins et aimants parents qui savent ce qui est bon pour leur enfant). N'importe quoi tant que l'argument leur donnât l'avantage numérique.
Je devais avoir fait une drôle d'expression parceque Kamenashi me regarda soudain avec une tendresse non simulée dans les yeux. Je lui souris. Il leva les sourcils voulant demander "tout es ok ?" J'essayais de lui sourire de manière plus sincère et convaincante. Après une bouchée de riz je repris, un peu pour moi-même, beaucoup pour lui.
"J'ai déjà fuguée une fois. Je me suis déjà enfuie de chez moi"
Le bol de soupe miso cachait à demi son visage tandis qu'il l'avait approché pour mieux manger sans faire de dégâts, mais ses yeux me dirent tout. Il resta figé un moment et je continuai.
"Ça aurait marché mais j'ai prise des mauvaises décisions. Je travaillais de nuit dans une fabrique de jouets, à la chaîne, comme on dit chez nous. Le travail me tuait littéralement et comme j'avais choisie l'horaire de nuit, j'ai simplement aggravé ma situation. Et puis on m'a offert un poste dans le domaine dans lequel j'étais diplômée - mais c'était tellement différent et je n'ai durée que trois semaines. Après ça, c'était la descente aux enfers."
Je lui résumai la suite, la partie la plus profonde du gouffre, le secours de ma soeur et mon choix très limité d'accepter l'aide de mes "parents". Une aide qui leur donna une fois de plus un avantage numérique qui monta en flèche. Bien sûr, ils utilisèrent mon infortune pour tout coller sur le dos de ma soeur et de la traîner dans la boue la plus visqueuse et la plus sale. Moi j'étais faible et tout le monde profitait de moi. Ils n'acceptèrent jamais ma version des faits - ils n'entendirent pas quand je leur dit que j'avais quittée de mon plein gré leur ténèbres étouffants. Ils n'avaient pas compris la lettre que j'avais laissée derrière moi - l'ont-ils même lue ? Ils étaient incapables de comprendre et de voir autre chose que leurs propres limites. Tout tournait autour d'eux ; leurs sacrifices (et non mes réussites), leurs douleurs (et non les miennes), leurs efforts et leurs luttes (et non mes talents naturels), leurs déceptions (et non mes forces)...
La pomme ne tombe jamais loin de l'arbre dit le diction, mais la pomme peut être ramassée, elle peut rouler, elle peut être emportée au loin.
"Je sais que fuir n'est pas la solution à préconiser, mais elle apporte des leçons d'une valeur considérable.
- Oui." et il approuva d'un signe de tête et fit claquer ses baguettes
Nous avions fini nos petits déjeuners et en me levant je croisai a nouveau le regard du jeune blondinet. Je me demandais de quelle couleur étaient les cheveux de J-1 ces temps-ci. Cette pensée tendre me fit sourire.
Kame glissa un bras légèrement possessif autour de mes épaules à notre sortie du petit restaurant et j'appréciai grandement son corps si proche du mien. Au dehors je ne pus m'empêcher d'arrêter brusquement un court moment, une sorte d'expression de béatitude sur mon visage qui ne passa pas inaperçu par Kamenashi.
" Koré wa nani ni mochiimass' ka ? (À quoi pensez-vous/penses-tu ?)
- Je te le dirai un jour. Pas tout de suite."
Il me regarda intrigué, je lui fis un petit signe de victoire/paix avec les doigts de ma main droite et un petit sourire confiant puis repris le pas.
J'avais réalisée, sur le coup, que c'était le premier garçon avec qui je me sentais parfaitement et totalement en sécurité quand il avait glissé à nouveau son bras autour de mes épaules. Une certitude ardente et brillante, apaisante et sécurisante. Je ne ressentais aucune gêne, aucun malaise, aucune peur. Cela m'avait surpris sur le coup. Beaucoup même.
Je me blottis contre lui, reconnaissante et dans le besoin de ressentir cette étrange sensation de bien être. Il resserra son étreinte et je vis un sourire éclairer son visage quand je me tournai vers lui pour le regarder.
Ce bonheur était des plus fascinants.
Je regardai par la fenêtre et absorbai les rayons du soleil, littéralement comme le ferait une plante.
Je repensais à ma vie à Montréal ... réellement seul mes amis proches me manquaient, et aussi la bibliothèque centrale du centre-ville. Je revis leurs visages et entendis leurs voix dans ma tête. Leurs sourires, les plaisanteries, les mots typiques, des souvenirs comme des feux d'artifices éclataient et tombaient en des étincelles illuminées et scintillantes.
Quant à mes parents, aucun regret ne me vint submerger mon coeur, que dis-je, aucun regret ne vint même frôler mon esprit. Je ne m'étais jamais vraiment sentie appartenir à ces gens qui se prétendaient par droit de légitimité du sang, mes parents. Il y avait une barrière, ou plutôt un fossé, bien plus impressionnant que les dits liens du sang. De la même manière qu'une fracture brise la force pourtant résistante de l'os, de la même façon les paroles qu'ils avaient à maintes fois hurlés ou jetés à ma figure étaient trop fortes. Ils ont heurté mon âme de manière impardonnable. C'était les deux êtres les plus égoïstes et les plus hypocrites qu'il m'a été de connaître dans cette vie.
La plume de Rê était trop lourde dans la balance et celle ci tombe violement de son support ; ils ne méritent pas la clémence des dieux.
Ils avaient échoués de pleine consciente volonté, je n'avais donc pour eux plus aucun sentiment de pitié et de pardon. Depuis longtemps ils avaient même perdus le titre de "parents" pour celui plus vil et nettement moins prestigieux de "géniteurs".
De toute façon pour eux j'étais coupable et endettée depuis ma naissance ; les neuf mois dans le ventre de ma mère, le lait en poudre et l'eau qu'il fallait aller acheter en ville (parceque je refusais le sein et parce que l'eau du puits était contaminé par quelque chose de toxique et donc nous leur causions maints efforts et peines, ma soeur et moi) et bien sûr ces actions ne sont pas un devoir de leur par envers nous, mais bien une dette avec intérêt élevé (la vie at-elle un prix ?), puis il y avait les jolis vêtements, les jouets, la nourriture, les fournitures scolaires... après tout ils auraient bien pu nous abandonner ou ne rien nous donner. Ils m'ont tant et si bien répété leurs frustrations du passé que j'en étais venue à regretter sérieusement d'être venue au monde. Mon absence leur aurait coûté moins de soucis et d'efforts parentaux. Par contre, c'est amusant, quand nous écoutions des documentaires sur la vie des animaux à la télévision, ils ne cessaient de mettre l'accent sur les actions des parents envers leurs progénitures ; rien n'était impossible, tout était faisable et devait être fait pour le bonheur des enfants et leur bien être (et ce bien-être devait être vue ainsi : l'enfant est un pantin qui dit oui oui à tous les voeux et désirs de ses parents et ne pense pas tout seul, évite le monde extérieur comme la peste et ne fais confiance à personne sauf aux respectables et divins et aimants parents qui savent ce qui est bon pour leur enfant). N'importe quoi tant que l'argument leur donnât l'avantage numérique.
Je devais avoir fait une drôle d'expression parceque Kamenashi me regarda soudain avec une tendresse non simulée dans les yeux. Je lui souris. Il leva les sourcils voulant demander "tout es ok ?" J'essayais de lui sourire de manière plus sincère et convaincante. Après une bouchée de riz je repris, un peu pour moi-même, beaucoup pour lui.
"J'ai déjà fuguée une fois. Je me suis déjà enfuie de chez moi"
Le bol de soupe miso cachait à demi son visage tandis qu'il l'avait approché pour mieux manger sans faire de dégâts, mais ses yeux me dirent tout. Il resta figé un moment et je continuai.
"Ça aurait marché mais j'ai prise des mauvaises décisions. Je travaillais de nuit dans une fabrique de jouets, à la chaîne, comme on dit chez nous. Le travail me tuait littéralement et comme j'avais choisie l'horaire de nuit, j'ai simplement aggravé ma situation. Et puis on m'a offert un poste dans le domaine dans lequel j'étais diplômée - mais c'était tellement différent et je n'ai durée que trois semaines. Après ça, c'était la descente aux enfers."
Je lui résumai la suite, la partie la plus profonde du gouffre, le secours de ma soeur et mon choix très limité d'accepter l'aide de mes "parents". Une aide qui leur donna une fois de plus un avantage numérique qui monta en flèche. Bien sûr, ils utilisèrent mon infortune pour tout coller sur le dos de ma soeur et de la traîner dans la boue la plus visqueuse et la plus sale. Moi j'étais faible et tout le monde profitait de moi. Ils n'acceptèrent jamais ma version des faits - ils n'entendirent pas quand je leur dit que j'avais quittée de mon plein gré leur ténèbres étouffants. Ils n'avaient pas compris la lettre que j'avais laissée derrière moi - l'ont-ils même lue ? Ils étaient incapables de comprendre et de voir autre chose que leurs propres limites. Tout tournait autour d'eux ; leurs sacrifices (et non mes réussites), leurs douleurs (et non les miennes), leurs efforts et leurs luttes (et non mes talents naturels), leurs déceptions (et non mes forces)...
La pomme ne tombe jamais loin de l'arbre dit le diction, mais la pomme peut être ramassée, elle peut rouler, elle peut être emportée au loin.
"Je sais que fuir n'est pas la solution à préconiser, mais elle apporte des leçons d'une valeur considérable.
- Oui." et il approuva d'un signe de tête et fit claquer ses baguettes
Nous avions fini nos petits déjeuners et en me levant je croisai a nouveau le regard du jeune blondinet. Je me demandais de quelle couleur étaient les cheveux de J-1 ces temps-ci. Cette pensée tendre me fit sourire.
Kame glissa un bras légèrement possessif autour de mes épaules à notre sortie du petit restaurant et j'appréciai grandement son corps si proche du mien. Au dehors je ne pus m'empêcher d'arrêter brusquement un court moment, une sorte d'expression de béatitude sur mon visage qui ne passa pas inaperçu par Kamenashi.
" Koré wa nani ni mochiimass' ka ? (À quoi pensez-vous/penses-tu ?)
- Je te le dirai un jour. Pas tout de suite."
Il me regarda intrigué, je lui fis un petit signe de victoire/paix avec les doigts de ma main droite et un petit sourire confiant puis repris le pas.
J'avais réalisée, sur le coup, que c'était le premier garçon avec qui je me sentais parfaitement et totalement en sécurité quand il avait glissé à nouveau son bras autour de mes épaules. Une certitude ardente et brillante, apaisante et sécurisante. Je ne ressentais aucune gêne, aucun malaise, aucune peur. Cela m'avait surpris sur le coup. Beaucoup même.
Je me blottis contre lui, reconnaissante et dans le besoin de ressentir cette étrange sensation de bien être. Il resserra son étreinte et je vis un sourire éclairer son visage quand je me tournai vers lui pour le regarder.
Ce bonheur était des plus fascinants.
