存在より多くの価値を持つ日 (a day worth more than existence)

存在より多くの価値を持つ日  (a day worth more than existence)
Le taxi s'arrêta à un coin de rue, près d'un parc. Au moment de descendre, je sortis mes yens pour payer, mais le jeune homme s'offusqua ouvertement, plaisanta et paya, en remettant énergiquement mon argent dans mon sac. Je reconnus le fameux "arigato" (ありがとう) et d'autres formules de politesses qui devaient être dans les vagues de "passez une bonne journée" ( 天気の良い日を過しなさい ).

Me prenant par la main, maintenant sans aucune gêne, il me tira vers le parc. La propreté des lieux me surprit. Bien sûr, j'en avais vue dans les drames ou dans les mangas, mais la réalité était si fidèle réflexion de la fiction médiatisée que cela me toucha quand même à un degré considérable.

Je sortis mon appareil photo et commençai à prendre des photos de tout sous tous les angles possibles. Les balançoires, les glissoires, les bancs. Tout était impeccable et bien ordonné. D'une précision calculée pour le confort, l'amusement et la beauté visuelle que l'ensemble représentait. Il était encore trop tôt pour que le parc soit fréquenté et l'air tiède se réchauffait tout doucement. Mon guide s'assit sur une balançoire et me regardait en souriant. Il prit le dictionnaire que j'avais déposée près du poteau et le feuilleta. Son air absorbé était ultra photogénique et je ne pus résister à la tentation de le croquer sur le vif, comme disent les photographes. Il me sourit encore et se prêta au jeu, m'offrant des regards et des sourires parfaits pour la caméra.

"You are good!" (Tu es bon !)

Je ne pus me retenir de partager cette exclamation, même si je me rendis compte dans la seconde après qu'il n'avait probablement pas compris.

Je lui pris doucement le dictionnaire des mains pour chercher le mot dans le dictionnaire et le pointai. Il le prononça et y rajouta un "arigato" plus doux et pas exactement gêné, mais peut être dans les tons de la reconnaissance sincère.

La valeur du compliment des étrangers est plus forte puisqu'un étranger n'a aucun compte à rendre à personne, et que son opinion est directe et claire. L'étranger n'a aucun besoin de travestir la vérité de la plus fine diplomatie pour ne pas heurter les sentiments - ainsi que la relation qui le lierait à la personne concernée, soit le receveur.

Je pris une dernière photo spontanée de son visage et fermai ma caméra. Il se leva et nous traversâmes le parc pour abouter dans un quartier comme entre deux mondes. Entre la banlieue où habitaient les honnêtes et travailleurs citadins, et le centre ville, leur lieu d'existence du lever au coucher du soleil. Nous nous rapprochions donc du coeur palpitant de Tokyo. De la même manière, mon propre coeur palpitait et s'accélérait comme la circulation des automobiles quelques rues plus loin.

La rue, cimentée comme partout ailleurs dans le monde, semblait pourtant plus confortable ici. Nulle part je ne vis de très larges fissures ou de nids de poules. Les arbres étaient hauts et beaux, en santé, verts. Sur les côtés, les rayons du soleil qui parvenaient jusqu'au sol, en passant au travers du feuillage abondant des arbres, formaient un patchwork chaotique et mobile sous mes pieds, sur mon visage.

Je m'arrêtai soudain, en plein milieu de notre marche, fermai les yeux et respirai à fond.

"Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse ... Aimer est le grand point, qu'importe la maîtresse?" dis-je à voix haute à moi même, soudain inspirée par les paroles sages de Musset. Avait-il lui même connu pareille exaltation ?

C'était en français mais je pouvais me permettre ce petit luxe.

Lorsque j'ouvris les yeux, il se tenait très proche devant moi, me regardait avec une expression interrogative sur le visage.

"Furansujin ?" (フランス語)

J'approuvai de la tête. Sa manière de le dire était tellement mignonne. Je ne pus m'en empêcher de répéter après lui, dans un murmure incertain mais en essayant de reproduire les mêmes sons que lui.

Soudain il éclata de rire. Je souris, ne sachant pas pourquoi il riait. Je pensais qu'à coup sûr ma prononciation était écorchée ou très prononcée ou à vif.

"Kazuya Kamenashi" ( 亀梨和也 ) dit il en se penchant devant moi à la manière polie de le faire.

Je souriais quand il se releva pour me faire face.

"Tökés Emilia" (Teu-ké-shh Êmili-aw)

Je prononçai mon nom en hongrois, je ne sais pas vraiment pourquoi. Peut-être que je voulais être authentique. Je me penchai à mon tour et me relevai après un moment que je calculai comme respectable et poli.

Il avait ses bras le long de son corps et je remarquai à quel point il était mince et délicat physiquement et pourtant l'assurance qui se dégageait de lui ... non que ce fut foudroyant et brutal, mais appréciable par sa présence vraiment notable et prononcé juste ce qu'il fallait pour que je change ma perception de lui.

Je me répétai son prénom dans ma tête. "Kamenashi. Kamenashi. Kame-na-shi." C'était un prénom auquel je n'étais pas habituée, mais il ests vrai que mes connaissances du monde japonais se limitaient honteusement aux shoujo mangas et aux animés.

Après ce moment de présentations plus ou moins formels, il me reprit la main et me guida à travers le quartier, qu'il indique sur une page de mon guide routier comme étant Shinjiku. Nous frôlions le coeur, l'âme de Tokyo.

J'essayais d'analyser la manière dont il me tenait la main, mais rien n'y était flagrant. Sa poigne était douce et ferme mais rien d'intime ou de possessif. Parfaitement poli et courtois, formel et détaché sans l'être tout a fait. Cela me fascina complètement. Ces gens pouvaient être complexes même dans leur manière - simple de base - d'exister et d'agir - et de serrer la main d'une étrangère.

* * *

Il me fit visiter les grandes avenues, les petites rues. Nous traversâmes des passages historiques, des immeubles à bureaux hauts comme s'ils voulaient la prétention d'effleurer les avions, des constructions faits de verre et de béton aux lignes précises et harmonieuses, des petites boutiques charmantes, des marchants enthousiastes ou à moitié endormis, tout dépendant de la fréquentions de leurs établissements respectifs. Les symboles, leurs significations, les dessins qui représentaient les commerces, les sociétés ... tout était trop kawaii. Je ne pouvais afficher un air faussement réservé quand l'enthousiasme me brûlait l'âme avec une ardeur hors de contrôle. Je souriais à tout, à tout le monde, à tel point que ma mâchoire, n'était pas habituée à être autant contracté par le bonheur, en était douloureuse.

J'avais beau me rappeler ma situation délicate, mon triste sort, l'avenir incertain, les engueulades ou les violences franchement physiques éclateraient (eux donneurs, moi réceptrice) quand je finirais par rentrer, rien n'y fit. J'étais exaltée. Le bonheur est une chose trop puissante pour être contré et défait par même les pires craintes. Le bonheur est une puissance hors de la portée de la conscience limité de l'humain. Le bonheur est un monstre géant tout simplement hors de la portée de la mesure concrète de l'esprit humain.

Nous nous promenâmes dans les rues commerciales donc, et je croquais tout ce que je pouvais avec ma caméra digitale. La platitude du quotidien d'une ville aussi éphémère et passionnément vivante, toute l'exaltation de la routine qui était la chose la plus normale et la plus dénuée d'intérêt pour ceux qui la vivaient. Aveugles inconscients. Les enfants qui allaient à l'école primaire, les collégiens qui se pressaient pour arriver au collège avant la cloche, les hommes de bureau, les "salary men", les marchants qui ouvraient boutiques ou cafés, les femmes en costumes strictes mais beaux (seraient-elles des "office ladies" ? ou des vendeuses dans des grandes superficies ?), les gens à vélo, les gens à pieds, valises, sacs à dos, chaussures, talons. Kamenashi s'amusait de mon enthousiasme sans bornes. Moi je vivais. J'aurais voulue le remercier, lui exprimer ma gratitude pour son aide, partager mon bonheur sans mots (mais peut-être que les japonais eux avaient une expression pour définir la joie subtile - déchirant, ardent, déchaîné, doux, comme un élixir, comme un rêve profond sans peur de réveil - et férocement joyeux de vivre ?) mais la langue me limitait et les mots du dictionnaire ne suffiraient pas.

Lorsque je regardai ma montre, beaucoup de rues, de commerces, de gens, beaucoup de pas plus tard, alors que le soleil était maintenant conquérant fier dans le ciel bleu, il me répondit silencieusement qu'il était huit heures trente trois minutes. Trois heures et trente trois minutes. Quatre-vingt treize minutes. Cinq mille cinq cents quatre-vingts minutes. Mais quelle échange - mais quelle belle affaire ! Contre trois misérables heures perdues de la totalité qui m'était alloué dans cette vie, j'en serais à jamais bouleversé par la quantité et la qualité intense que j'ai vécue et ressentie. La valeur de l'acquis dépassait supérieurement (effrontément) la valeur du laissé.
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Friday, 04 May 2007 at 10:06 PM

Edited on Saturday, 19 May 2007 at 10:35 PM

Tourisme local ou l'art du hasard dans les situations périlleuses

Tourisme local ou l'art du hasard dans les situations périlleuses
Problème résolu après quelques minutes d'hésitations, l'ego ne change pas, même si le corps change de pays, et beaucoup de questions posées aux étrangers locaux.

Dehors, les premiers rayons coloraient le ciel d'un bleu pastel pâle, éclairant les rues, les immeubles dans le distant lointain, la circulation qui s'activait déjà. La première bouffée d'air fut pure exaltation.

Selon mon guide routier, je devais tourner à gauche et marcher un temps considérable ... seulement les lignes étaient confuses et mon incapacité (mon incompatibilité aussi) à lire les cartes routières n'aidaient en rien ma misérable (minable, pitoyable, pathétique) situation.

Au bord des larmes, je me forçai à demander de l'aide encore une fois. Ma première victime fut un jeune homme, choisi simplement et purement à cause de sa beauté. Tant qu'à être au pays, autant parler une fois a un bishonen ! (Ô vanité - ô superficialité ridicules !)

Lui mettant le guide dans les mains, cherchant le bon mot dans le dictionnaire, j'arrivais maladroitement à lui demander - j'espérais qu'il comprenait - ma direction. Je pointai énergiquement une route qui semblait mener au centre ville de Tokyo et le centre ville lui même pour lui indiquer que c'était ma destination.

Se rendre à = おもむ ... Je n'essayais même pas de prononcer le mot, je me contentai de lui indiquer. Il sourit et le prononça avec un accent interrogatif - je le prononçai à mon tour et pointai a nouveau le centre ville.

Il analysa la carte, je présumai qu'il regardait les symboles japonais, pour ensuite pouvoir m'indiquer la bonne direction à prendre. Il releva la tête et me sourit joyeusement, puis m'accosta par les épaules, pour ne pas dire qu'il s'accapara de mon être, et me souriant se mit en marche. Il me sortit un paragraphe en japonais dont je trouvais la base follement jolie mais dont le sens m'échappa complètement. Je me surpris à trouver sa voix belle et à vouloir écouter n'importe quel idiotie qui sortirait de sa bouche, dite avec sa voix. Son japonais semblait de qualité un peu supérieure, je ne sais pas comment je pus noter ce détail, fluent et confortable, ses mots étaient pesés et même s'il semblait s'amuser et faire des blagues (étaient-elles à saveur douteuses ?) j'aimais à l'écouter. Tout était poésie exotique et fascinante pour moi. Je notai aussi des intonations interrogatives, sarcastiques, surprises, des interjections, des exclamations, des phrases a demi suspendus dans le vide et finissant avec le murmure comme si ces idées se perdaient dans ses pensées, perdues et inaccessibles à moi.

Donc, sans opposer une réelle résistance, je me laissai entraîner par ce joli gamin local vers Dieu savait ou sans me soucier des conséquences à venir. (Message de la folle aux lecteurs : Évitez donc de faire des burn-out intellectuels durant votre temps scolaire qui vous entraînera aux confins de la planète sur un coup de tête stupide et irréfléchi)

Après peut-être un bon cinq minutes de marche, qui nous sorti définitivement de l'enceinte de l'aéroport, il s'arrêta à une cabine téléphonique, composa un numéro et échangea peut-être quelques mots avec le correspondant puis raccrocha et me sourit. Il me posa d'autres questions, mais j'étais complètement incapable de lui répondre. Il semblait non moins joyeux. Je cherchais dans le dictionnaire des mots qui résumeraient ma situation actuelle.

Voyage = 旅行 ; improvisé = 即席に作られる

Une voiture jaune aux allures criardes de taxi s'arrêta devant nous. Mon guide improvisé m'ouvrit courtoisement la portière, passager arrière. Je secouai négativement la tête. Je voulus le traiter de fou, sachant à quel point les taxis coûtaient cher au Japon - je cherchai le mot (coûteux = 高価 ) mais il me rassura et avec le ton de sa voix me rassura et m'y fait monter quand même.

Même si les pays ont des langues, des moyens de communication, différentes de l'un à l'autre, l'intonation n'en reste pas moins la base pour échanger les émotions - les intentions. Son ton de voix, son intonation donc, était dans la même famille que "ne t'en fais pas - ça va" ... d'ailleurs je reconnais leur mot "ça va" quand il prononça "dai-je-vö" ... ou quelque chose qui ressemblait à ça. Je l'avais souvent entendu dans mes animés et drames. Son regard appuya ses paroles. Il souriait avec sincérité et le facteur non calculable du regard me rassura ; il était sincère.

Je me glissais sur le coté gauche de la banquette arrière et il vient s'installer à coté de moi. À peine eut-il refermé la porte, qu'il demandait avec courtoisie au chauffeur de nous conduire (et là je devais avoir une confiance extrême en lui pour y croire) au centre ville, ou proche du centre ville. Il me sourit et eut un léger éclat de rire alors que la voiture démarrait doucement puis prit de la vitesse.

Encore une fois, il m'offrit le présent d'un long monologue en japonais dont je ne saisis que la poésie étrangère et exotique, les fluctuations de sa voix, l'harmonie des mots choisis- les rimes que je décelais au passage de l'écoute attentive. Il devait dire quelque chose de poli et de tout à fait plate et simple, vue que le chauffeur souriant dans le rétroviseur.

Lorsque nous fûmes officiellement sortis de l'enceinte de l'aéroport des dernières parcelles de territoire qui lui appartenaient, sa conversation devient plus entraînée et sa voix plus vive et énergique. Soudain, remarquant quelque chose à ma gauche, il se rua presque sur moi, pointant par la fenêtre de grandes tour, il commenta, comme un guide touriste, sur la vision qui s'offrait à nous. Je l'imaginais me décrire l'architecture, le quartier, l'année de la construction, les matériaux, ses occupants... Et je réalisais que son épaule frôlait la mienne, que son corps était si près du mien, que son visage était quelques centimètres à peine du mien. Il avait toujours l'air entrain et je souris et prêtai attention à son discours. Le chauffeur fit un signe de tête, oui ce qu'il disait était vrai et la mémoire qu'il ramenait à la surface devait être respectée par les jeunes de notre temps moderne et partagés avec les étrangers en visite.

Il se rassit à coté de moi, mais plus complètement à l'autre bout de la banquette comme avant. Pourquoi détruire quelque chose qu'il avait acquis avec ses efforts, gamins et prévisibles certes, mais quand même ses efforts polis et charmants ? Après un temps, ce fut le coté droit qui attira son attention et il partagea une autre tranche d'histoire avec moi. Je souris et approuvai de la tête. Tout ceci était terriblement fascinant et même si je ne comprenais pas un traître mot, je m'en fichais. Il parait un japonais savoureux et j'aimais simplement à l'écouter. Je ne pouvais m'empêcher de lui sourire. Sa compagnie m'était agréable. Et lui même, pris d'aise avec moi, dans un geste de confiance partagée, et de confort maintenant non contestable, avait placé un bras sur la tête de la banquette derrière mes épaules, qui doucement glissa pour se retrouver autour de moi et un geste attirant un autre, je me retrouvais légèrement pressée contre lui.

Il pouvait bien me vendre au Yakuzas - j'étais heureuse. Les minutes coulaient comme un fleuve paisible et sa voix était un courrant doux et sécurisant.

Le taxi finit par arriver dans un quartier que mon guide me pointa sur la carte routière, un peu à l'extérieur du centre ville, mais il me rassura aussi tôt d'une plaisanterie et d'un sourire.

(Nous allions donc faire du tourisme ? Du vrai tourisme avec la visite des quartiers authentiquement japonais ? N'importe quoi pour écouter sa belle voix et sa langue aux accents si doux et agréables à l'oreille. Il aurait pu me lire les composés chimiques d'une boisson gazeuse que je n'en aurais pas moins trouvée la chose follement exotique et jolie.)
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Thursday, 03 May 2007 at 8:49 PM

Edited on Saturday, 19 May 2007 at 10:34 PM

Atterissage dans la réalité

Atterissage dans la réalité
La sensation d'atterrissage, les oreilles, le coeur, fut juste joyeusement décuplée par mon malaise. Je n'avais aucune connaissance chez qui loger, je n'avais réservée aucun hôtel: en somme je n'avais nulle part où aller. Je ne savais même pas si les auberges de jeunesse existaient au Japon. En somme, j'étais foutue. Et en somme je m'en fichais toujours. (Incroyable comment l'esprit humain fonctionne en certains temps)

Il était cinq heures du matin, il faisait seize degrés centigrade et le monde était agité d'un continue mouvement tout planifié, dont le chemin tracé n'était qu'un facteur dans le portrait plus grand.

Autant de fourmis humaines, chacun sachant parfaitement où aller et comment s'y rendre, me fascina plus que je ne l'aurais anticipée et je restai un long moment, bouchée bée, dan un coin plus ou moins calme et retiré, pour observer l'étrange spectacle qui s'offrait quotidiennement au monde aveugle. La marée humaine faisait sa vague et les petites vagues singulières participaient harmonieusement au grand torrent.

Mon coeur battait toujours incroyablement vite mais il passait au second plan. Mon attention était maintenant complètement fixée sur les signes officiels : japonais et anglais. Terriblement beau que tout ceci. Tout était incroyablement net et propre et rangé. Une propreté qui tenait du saint miracle considérant le nombre inouï de gens qui fréquentait quotidiennement, jour et nuit, cet endroit et qui foulaient de leurs pieds poussiéreux l'intérieur ciré et étincelant.

Tous ces visages étrangers, souriant poliment. Tous ces étrangers. Mais ne réalité, c'était moi l'étrangère.

Après une bonne demie heure de contemplation extasiée, je me décidai finalement à bouger.

Premier arrêt, le bureau de change et l'extase de tenir en main des yens japonais, la contemplation de l'art - de la différence - de l'exotisme. Second arrêt la boutique de souvenirs où je mis la main sur un guide routier de tout Tokyo et des plus proches alentours et d'un dictionnaire - indispensable outil - Anglais/Japonais - Japonais/Anglais. Je n'avais pas de sous-vêtements propres dans mon sac, absolument rien de rechange, mais j'avais le moyen de communication. Peut-être que je survivrais à cette aventure folle.

Pour le moment, chaque petite seconde était pure joie magique avec un arrière goût à peine reconnaissable de peur et d'incertitude.

Prochain défi : trouver la porte de sortie.
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Tuesday, 01 May 2007 at 12:54 PM

Edited on Saturday, 19 May 2007 at 10:32 PM

Lubie du moment

Lubie du moment
Tout nouveau, tout frais sorti de mon âme tourmentée et perdue dans les brumes de l'ailleurs, ma nouvelle lubie, ma nouvelle folie, ma nouvelle manie. (Pour citer "Le vent dans les Saules, à propos de Crapaunet qui à chaque "inspiration" est pris d'un incontrôlable désir pour l'objet de sa convoitise)

***************

Étant la fille d'un diplomate et d'une avocate internationale, je n'ai connue que les avantages matériels de la vie. C'est comme ça que ma vie fut chamboulée, à la meilleure époque possible d'une jeune existence, et que je déménageai à Tokyo. La ville lumière des tourbillons de l'exotisme étranger.

Avant de fêter mes 18 ans, je me retrouvai dans cette ville aux accents totalement étrangers. Mes parents parlaient la langue, mais mes connaissances étaient limitées au niveau conversationnel acceptable - et encore mes prononciations démontraient clairement, comme si le reste de ma personne n'y suffisait pas, que j'étais l'étrangère de service, la différente, la minorité visible.

Nous débarquâmes à Tokyo en juin - transfert immédiat et sans compromis possibles. De plus, une fillette mineure qui n'avait pas d'autre parenté en Amérique du Nord, ne reste pas seule, aussi grande et mature soit-elle, dans une petit appartement. De un ; la loi locale me l'interdisait et de deux ; mes parents n'y songèrent même pas l'ombre d'une seconde.

Les premiers jours, il me fallut surtout m'accommoder à la foule. Dans les rues de la métropole, les présences mouvaient à la vitesse de la lumière et frappaient ceux qui nageaient à contre courent avec la force subtile d'un bâton de bambou lancé avec la précision de langue du batracien. Les hommes d'affaires en costumes impeccables, les "office ladies" toutes pressées, les bras chargés, les professeurs buvant la dernière gorgée de thé, les étudiants qui couraient, les vendeurs qui ouvraient leurs boutiques... Tout le monde savait où aller et comment s'y rendre. J'étais la seule, comme épave perdue en haute mer, me laissant entraîner par la foule, quitte à perdre mon chemin et demander d'un accent minablement étranger, aux passants qui semblaient, comme par miracle, prêts à m'écouter.

Mes parents arrangèrent mon inscription dans une école japonaise bilingue dès notre arrivée. La plupart des cours, sinon le quasi totalité étant donnés, en Japonais et en Anglais, je pouvais poursuivre mon éducation de base et améliorer mon éducation extra-curriculaire.

Quant à la question culinaire, je m'y suis rapidement faite. Encore une fois les moyens financiers et matériels permirent au confort, comme cela a été prouvé maintes fois dans le passé, à travers les âges. Mon père engagea, dès les premières semaines une cuisinière qui nous préparait les plats à la coutume du nouveau pays. Petits déjeuners, repas du midi et soupers.

... Illusions parfaites, n'est-il pas ? Et si je racontais ceci avec un accent de réalité ?

Le cours de statistiques me sortait par les oreilles quand la nouvelle lubie me tomba dessus. Ma conscience étant loin en Europe, j'étais donc libre de laisser lousse la bride à l'inconscience immature et folle.

À peine eus-je finie les examens finaux que mon esprit me convainquait que je faisais la chose que je voulais le plus au monde. Un coup d'état personnel. Je ne mis pas mes amis au courant de mes plans. Ni mes parents. Ni ma soeur. Ni personne. Je ne laissais même pas paraître la moindre idée, la moindre trace de ce que je tramais. Non, il ne fallait pas les empêcher de m'empêcher de partir.

C'était décidé. J'allais le faire.

Le 18 mai 2007, je pris mon passeport, mes économies et mes papiers et volait en quatrième classe vers le Japon. Sur le coup de tête.

Je songeais "cet après midi - je ne rentrerais pas à la maison ... ils vont encore avoir une attaque ... mais je serais loin. Bah, au pire, je finirais pauvre ou assistée sociale dans une ville exotique. Mes 2-J. vont s'inquiéter à mort, puis sourire à la gloire géniale de ma stupidité et de ma fantaisie. Mon Troisième J. viendrait peut-être me récupérer quand je serais à court de moyens et sur le bord de la folie et de la douleur réelle, conséquence juste de mes actes.

J'ai déjà fait ça. Je me suis déjà enfuie. Mais à l'époque j'avais 21 ans et aujourd'hui, à 23 ans, c'était peut-être un choix réellement stupide et irréfléchi. Non vraiment pas ce que ferait une adulte responsable de cet âge. Et pourtant... Quitter ainsi, sans préavis, sans message, sans laisser de signe précurseur... Qu'ils donc tous au diable! Je leur avais déjà dit que j'étais folle et que je me fichais légèrement beaucoup des conséquences de mes actes. C'est déjà un préavis, ça !

Le trajet vers le nouveau pays fut plutôt paisible et je ne fus dérangée qu'agréablement par mon voisin de siège, un homme d'affaire Japonais qui trouva en moi une compagne de voyage agréable et à la conversation variée et courtoise. J'ai cette vibration, vous voyez, les étrangers viennent me parler tout naturellement, j'ai le visage qui invite, ils savent qu'ils ne seront pas rejetés par moi, ils savent que je serais polie et courtoise et gentille et agréable.

Je regardais par le hublot et je pensais "Pourquoi ça a été si facile de tout quitter sur un coup de tête pour l'inconnu total ?" Et même si la réponse vint, je m'en fichai un peu totalement.

Après mon dernier examen, de médecine clinique (théorique seulement) sur les maladies de la tracte urinaire et les maladies des seins (ô le tourment d'être femme !), je rentrai chez moi mettre le stricte minimum dans un sac a dos léger ; passeport, papiers, argent, appareil photo (avec piles rechargées, carte mémoire), mon lecteur mp3 (sans chargeur et sans câble USB) et une boîte de kleenex (je ne pourrais jamais survivre sans une boîte de kleenex). Je changeais mes vêtements aussi. Mes pantalons habituels pour une jupe longue et une camisole simple, un jacket douillet et assez chaud pour les nuit de Tokyo (on ne sait jamais, la température ça change) et je ne pris même pas de parapluie. Ca faisait partie du concept artistique de ma fuite.

De toute façon, le pire qui pourrait m'arriver étaient la pauvreté totale et la prostitution (oh les adorables étudiants collégiaux), ou le quête... mais la débrouillardise allait être épuisée depuis belle lurette avant d'en venir à ces extrêmes.

30 minutes avant que l'avion n'atterrisse à l'aéroport international de Tokyo, je fus prise de panique: ma tête tournait, mon coeur battait la chamade (et il devait sûrement dépasser les 178 battements par minute, qui était mon maximum sur une machine d'exercice, durant le temps que je fréquentais le YWCA pour le cours de gym), j'étais en sueurs et ma vision était soudain brouillée. Je titubais maladroitement vers les toilettes, en essayant de m'abstenir de m'agripper aux têtes de sièges des autres passages, très peu nombreux, qui me séparaient de la cabine de toilette.

Oh le beau merdier dans lequel je me suis mise. Bordel de merde! La réalité est dure, quand elle vous frappe en plein visage. Vous ne sentez pas la douleur sur le nez cassé, non il est intact, vous sentez la poigne de fer vous serrer le coeur et une main solide se plaquer sur votre bouche et votre nez. Votre respiration est difficile, vous êtes à bout de souffle. Votre coeur est au bord de l'agonie, vous savez qu'il va s'arrêter. Il n'y pas de main sur votre visage, il n'y pas de poigne sur votre coeur. Personne ne serre vos poumons comme s'ils étaient des éponges dans les mains insouciantes et mortelles d'un chérubin qui les serre par pure exploration de la physique de la matière spongieuse.

J'étais là, dans la cabine, je me faisais face. Le miroir me montrait une moi-même pâle, comme dans mes jours les plus malades, blême... je crois, est le bon mot. À mon front perlaient des gouttes de sueur minuscules et froides. Mon corps n'était plus en "homeostasis" pas du tout. Il était tout à l'envers et je sentais l'excellent repas me remonter dans le tracte digestif. Je visualisais le "chime" être expulsé de l'estomac, remonté l'oesophage, redevenir "bolus" et venir cogner aux portes de ma bouche. Ouvrez bon dieu de merde - mais ouvrez !! Et ma bouche s'ouvrit et le riz et les brochettes de porc et les légumes et le thé sortirent express pour atterrir dans le bol de toilette. Joli mélange où le blanc de la terreur prédominait sur le rose tendre mâché et à moitié digéré. Des parcelles éparses de vert venaient agrémenter le tout. La terreur absolue et soudaine est donc blanche, rose et verte. Intéressant. Vraiment intéressant.

Mon coeur s'accéléra encore. Je n'avais rien apportée ; ni ma poupée si précieuse, ni mes livres, ni mes DVD, ni rien. Calme toi, bordel, calme toi. Je tentai de respirer a fond. Mon nez détectait juste les odeurs de ce qui flottait encore quelques pouces en dessous de moi. Je tirais la chasse d'eau.

Comme un écho lointain, j'entendis le pilote annoncer l'atterrissage prochain. Mon coeur lui protestait. Il renvoyer les dernières miettes de mon repas à la cuvette, signe de protestation ultime et complètement inutile. Le pilote et le copilote se prépareraient tout de même pour l'atterrissage. Les 350 autres passagers, eux, voulaient atterrir au plus pressant, rejoindre leurs familles et amis.

Je ne m'aurais jamais crue capable d'un tel sens du détachement et de l'improvisation. Je ne pensais même pas à voler de l'argent à mes parents, même si je connaissais pourtant la cachette dans leur chambre à coucher. Je voulais être seule responsable et seule idiote dans cette aventure.

Et dire que je ne parlais que 2 mots de Japonais ... disons 3 mots. (Bonjour - merci - ok (je suis ok)

Je retournais, titubante à mon siège pour me préparer moi-même à l'atterrissage.

Je fermai les yeux et vis les visages de mes amis. Mes 3-J. Qu'allaient-ils penser de moi ? Et les autres ? Et les filles ? Et les nouveaux ? Et ceux de DeviantArt ? Et ceux-ci et ceux-là ?

Et ma soeur ? Et ma nièce qui ne verrait pas Tatie-Cookie-Joujou ce dimanche ?

Et mes parents ? Et ma mère et ses nerfs déjà meurtris ? Et mon père, dont le "rayon de soleil de son coeur s'en est retourné au royaume du soleil levant ? (L'abandonant par le fait même aux affres des ténèbres d'un quotidien déjà au delà du supportable ?) Et leur fameux honneur jeté dans la boue ?

Je regardai par le hublot. Tant pis.

J'irais mourir sur la colline de la fête (où l'aube après la fête, comme le disait cette chanson hongroise). Le pilote nous répéta le message.

Nous amorcions les procédures d'atterrissage.

Je pourrais toujours me ruer au comptoir d'aide et demander à acheter un billet de retour. Je pourrais.

Mais je me connaissais que trop bien. Je ne le ferais pas. Et ma conscience était une voix sarcastique qui me susurrait dans les abysses perdues de ma raison "Tu ne le feras pas".

# Posted on Monday, 30 April 2007 at 10:54 AM

Edited on Saturday, 19 May 2007 at 10:32 PM

Et il acheva les supplices de mon corps si tendrement

Et il acheva les supplices de mon corps si tendrement
Un ami, mon Sensei, me demanda il ya quelques jours ... oh et puis j'ai les paroles officielles...

Ceci est evidement un extrait d'une longue conversation ou plusieurs choses ont été dites, sur plusieurs sujets variés.

Yumi: je regardais tantot un forum pour adultes (je cherchais une image) et j'ai eue un stimulus

sexuel a voir des poupée faire ce que fairaient des humains normalement

Sensei: Elles faisaient quelque chose ensemble ?

Sensei: Mais ti sais, émilia, il ne faut pas tu oublies qq chose...

YUmi: moui ?

Sensei: C'est p-e aussi parce que tu commences à être sérieusement horny. ça fait ça à tout le

monde.

Yumi: oui mais quand je regarde des humains ca me refroidit

Sensei: Quand on manque d'action, un moment donné...

Sensei: Oui, je comprends, mais ça n'y change rien.

Yumi: j'essayais de m'imaginer avec ... andrew meme ... j,aurais envie de l'envoyer promener s'il

me demandait un truc physique

Sensei: hi hi

Yumi: enfait si - ca change que si c'est pas de la résine - moi ca me turn off

Sensei: hi hi

Yumi: enough speaking of me

Yumi: je suis trop égocentrique - ca revient toujours a moi

Sensei: P-e que tu as un fétiche de la résine, comme d'autres le latex.

Yumi: hautement possible

Transfer of "resin.jpg" is complete.

Yumi: mais je suis approuvée par Dieu, moi

Sensei: Tordue :D

Yumi: n'est-ce pas génialissime ?

Sensei: Oui, j'avoue.

Sensei: C'est surtout l'association d'idée et le trouble que tu t'es donné qui me surprennent :)

Hier soir j'ai passé une bonne partie de la soirée sur youtube et Sensei - j'ai une réponse pour vous. Un jeune homme Sud-Koréen pourrait me faire dévier de mes poupées (sud-koréennes telles que Yumi et Sabik - pour ne nommer que mes deux amant-es du moment).

Ce matin, après m'être rendormie après un réveil a 4:14 du matin, j'ai fait ce rêve légèrement étranget agréable qui va comme suit :

J'étais dans une chambre à la lumière tamisée et pauvrette. Il était en face de moi, debout, moi assise sur le bord du lit (un matelas plutot futon recouvert d'un drap blanc) le tout avait une ambiance plutot pauvre et miséreuse. Il avait la cravate dénouée et la chemise déboutonnée. Je crois qu'il me dit "Tu es ici parceque je t'ai payée" (J'étais une prostituée ou quelque chose dans ce genre là). Je dus résister ou lui répliquer parcequ'il se fâcha un peu. Il était beau, mais il avait comme une cicatrice rouge sur la joue gauche, qui avait un petit bout sur le coté du menton et s'en allait vers le haut, du coté extérieur de son oeil gauche.

Comme ceci était un rêve, et que j'étais à un certain niveau consciente de pouvoir manipuler le tout, j'enlevais de son visage les cicatrices rouges et révélai sa vrai beauté ; un réalisme humain de ce que j'aime tant chez les bishonens des mangas. Il semblait plus heureux lui même, comme finalement accepté, même si celle qui l'acceptait était inférieure, et de loin, à lui.

Dans la scène suivante, il voulait que nous allions dans un endroit secret, connu de lui seulement, en dessous ou derrière une porcherie. Je vis la porcherie et lui demandai s'il était vraiment sérieux à propos de l'endroit. Il éclata de rire et me montra la porte secrète qui menait dans une autre pièce, derrière, cachée, qui était plus moderne et somptueuse.

Il y avait aussi un épisode de nous deux sous la douche, tendresse et tout et tout, mais c'est trop flou pour que je m'en souvienne. Mais rendu à ce passage là, je n'étais plus une prostituée mais une amante régulière, aimée et aimante.

Ce n'était pas un rêve érotique, à proprement dire, comparée à celle de la nuit de vendredi matin ou j'étais dans un grand lit avec Yumi (ma poupée bjd en format humain et "réelle" en train de l'embrasser et de la masturber...) mais pour un rêve avec un humain, depuis le temps que je n'en fais plus, c'est un bon début ;)

Je crois que je souffre du syndrome de l'exotisme.


Photo © se7ven - idol pop koréen

# Posted on Sunday, 29 April 2007 at 1:43 PM